Le côté moralisateur du développement personnel
- Annaïk Viallet
- 17 mai 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 mai 2023

Quand on consulte du contenu sur le développement personnel, que ce soit des livres, des podcasts, des vidéos…
Tous ont le même but: nous aider à faire de nous-mêmes une version 2.0, devenir cette image de la personne idéalisée qu’on pourrait se faire de soi, plus sereine, plus patiente, plus équilibrée, qui parvient à faire tout ce qu’il faut au bon moment, à accomplir toutes les tâches qu’elle s’était fixée en toute tranquillité et sans l’ombre d’une émotion négative.
À vivre un rêve éveillé.
Est-ce que tu as l’impression qu’un humain a réellement cette capacité-là ? Je veux dire, à part le blond dans le sketch de Gad Elmaleh ?
Changer demande de l’implication, de l’introspection.
L’introspection va forcément te confronter à ce que tu peux appeler des « défauts » ce que tu n’aimes pas chez toi, tes réactions, tes « mauvaises » habitudes…Toutes ces parties de toi que tu ne valides pas et qui surgissent malgré toi.
Tu te trouveras alors en plein face à face avec ces parties que tu tentes de dissimuler car tu ne veux absolument pas les voir.
Et c’est inévitable, tu y réagiras. Car dans le changement il y a plusieurs étapes:
- la compréhension que quelque chose ne va pas.
- la volonté de changer.
- la prise de décision de changer.
- l’introspection de ce qui ne va pas: regarder de très très près le ou les problèmes, tellement de près pour revivre l’état dans lequel ça te met.
- chercher et comprendre d’où vient le problème, le nœud. La compréhension de l’obstacle permet de le matérialiser, de pouvoir le voir très nettement devant toi.
- chercher et trouver des stratégies pour régler le problème. Cela passe la plus grande majorité du temps par une guérison intérieure.
Lorsque nous n'acceptons pas une partie de soi, nous la rejetons et comme nous sommes des êtres composés de plusieurs parties qui n'en font qu'une, nous nous rejetons nous-mêmes.
À l'arrière du décor, il y a souvent une blessure, le plus souvent c'est notre enfant intérieur qui surgit et qui devient alors incontrôlable, il rejoue alors son manque d’attention, d’amour, ses carences affectives, son besoin d'être reconnu, accepté totalement...
Tu te doutes bien que ce n’est pas une promenade de santé de travailler sur soi, et ça peut même être un cataclysme de revivre des souvenirs douloureux.
Il te faudra alors gérer tes émotions, les guérir, les transformer pour les dépasser, les transcender.
Le problème le plus souvent vient du fait que nous bloquons nos émotions, parce que c’est trop difficile de les vivre, à cause du regard des autres, parce qu’on se l’interdit…
Et alors qu’est ce qui se passe, quand tu viens explorer ce que tu as rangé sous le tapis et que tu tombes sur une colère que tu avais enfouie ?
Et bien pour la libérer tu te dois de la laisser être, la vivre, la sortir de toi.
Et donc, être en colère !
Alors que dans le bouquin on aura diabolisé les sauts d’humeurs, le fait de ne pas se contrôler, comme si c’était dans la logique de se déshumaniser.
Nous ne pouvons pas contrôler nos émotions, nos tourments, nos incompréhensions, nos doutes, notre manque de patience.
Et parfois dans le changement on bute, on se casse la figure, on n’y arrive pas, ça coince et c’est normal.
Je parle souvent de l’expérimentation et c’est bien de ça qu’il s’agit, expérimenter pour avancer, tâtonner, se planter, et c’est ok.
Si l’on n’y arrive pas c’est important de se laisser du temps, de faire une pause, de se laisser souffler.
Pour avancer je dirai qu’il est essentiel d’avoir à l’esprit que le changement, c’est un bouleversement, que c’est difficile et que personne n’y arrive en claquant des doigts.
Aller remuer la fausse à purin ce n’est pas une partie de plaisir ! C’est une vraie implication personnelle, une vraie volonté de changement, de prise de responsabilité et d’implication.
Alors change si tu en as envie et laisses-toi l’opportunité de ne pas y arriver du premier coup, de galérer, hôte toi de la tête cette personne parfaite que tu imagines, elle n’existe pas.
Les apparences ne sont que celles que l’on veut bien montrer.
C’est compliqué pour tout le monde.
Aussi, donne-toi la permission de te faire aider, seul on va plus vite, avec un accompagnement on va plus loin.
Échouer ce serait ne rien faire, continuer à faire l’autruche.
Essayer c’est déjà réussir.
Annaïk Viallet
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